- Aide à la formation des guides de montagne Népalais -

 

UNE ACTION NOVATRICE : la formation des montagnards népalais

 Après six années d'existence, le bilan de la FYPV est appréciable et significatif puisque l'objectif suprême est atteint : la naissance des guides népalais, dont l'association (la NNMGA) est sur le point d'intégrer l'UIAGM. Certes du côté français, ce résultat n'est pas uniquement l'oeuvre de la FYPV. La coopération de l'ENSA au Népal, dans le cadre des stages "Advance Course" puis en France jusqu'en 2005 en formant les futurs instructeurs, a été déterminante.

Mais la FYPV a su faire aboutir ce travail effectué en amont depuis des années. Elle a permis d'élever les formations jusqu'à l'émergence d'un corps d'instructeurs puis de fromateurs compétents et motivés. Ces derniers sont maintenant capables d'assumer complètement toutes les formations (y compris celle des secouristes de montagne) jusqu'au niveau le plus élevé ; celui de guide au standard UIAGM.

Le bilan des activités 2009 de la FYPV lié à celui de ses partenaires népalais (la NMIA et la NNMGA) souligne l'efficacité de son action. Cependant au delà des résultats concrets, il faut en retenir un, plus subjectif et non moins révélateur : l'influence qu'à eu la FYPV, par l'intermédiaire des associations qu'elle soutient, sur la mentalité des jeunes montagnards népalais. En effet, phénomène récent, ils sont de plus en plus nombreux à vouloir se former et se perfectionner. Ce qui se manifeste par un engouement évident à pratiquer les activités de montagne en amateur (grimpe en falaise, esalade de glace, ascension de petits sommets).

Cette évolution des mentalités fait apparaître un nouvel état d'esprit chez les jeunes concernés de près ou de loin par le tourisme et la montagne est certainement le résultat dont la FYPV peut puiser le plus de satisfaction et d'encouragement. Mais si valable soit-il, ce résultat nous devons maintenant l'entretenir et le faire progresser, principalement par des aides matérielles ou financières.

Le rôle de la FYPV ne prend donc pas fin. Au contraire, il devient indispensable, associé d'ailleurs à d'autres aides éventuelles (provenant d'organismes français ou étrangers) convergeant toutes sur les structures népalaises compétentes : la NMIA et la NNMGA.

 

Naissance de la FYPV

L'association pour l'aide à la formation des guides népalais fut créée à la suite de la disparition brutale de notre ami Yves Pollet-Villard, afin de donner une continuité à l'action novatrice qu'il avait entreprise. En effet il s'était particulièrement intéressé à ces problèmes de formation, à une époque où très peu s'en souciaient, y compris parmi ceux qui pratiquaient les expéditions au Népal...

Ses motivations prenaient racines dans des convictions profondes acquises progressivement durant plus de quinze années successives de fréquentation de l'Himalaya. Lors de ses expéditions et trekking, il apprit à connaître puis à apprécier les gens qui l'accompagnaient, et avec lesquels il fraternisait sincèrement. Il était convaincu de l'utilité de former les jeunes montagnards népalais ce qu'il considérait d'ailleurs plus qu'une nécessité mais un devoir envers ces gens qui depuis plusieurs générations se dévouaient et continuent à le faire, souvent au péril de leur vie, dans l'accompagnement des expéditions. N'était ce pas là un juste retour des choses? Ainsi avait-il décidé de les aider à acquérir une qualification, dans un domaine qui lui était familier.

Lorsque les Népalais commencèrent, à la fin des années 70, à mettre en place une formation, il fut pressenti par l'UIAA pour participer à l'encadrement des premiers stages. Cela ne put se réaliser mais ses conseils apportés là bas furent écoutés, notamment par Monsieur Francis de Noyelle alors Ambassadeur de France à Kathmandu. C'est d'ailleurs grâce à ce dernier qu'ensuite, les professeurs de l'ENSA intervinrent dans les stages de formation organisés au Népal par le NMA*.

C'est lors d'expéditions qu'il concrétisa ses aspirations : au Dhaulagiri en 1978 et en 1980 où il se consacra, pendant plusieurs jours, à appliquer un programme d'enseignement destiné à de jeunes sherpas. Dans cette optique, l'idée d'organiser des expéditions jointes franco-népalaises lui tenait à coeur et faisait partie de ses projets.

Associer son nom à notre nouvelle initiative (la Fondation Yves Pollet-Villard) nous paraissait donc indispensable puisqu'il en fut l'inspirateur. C'était aussi rendre hommage à l'esprit avec lequel il concevait et réalisait ses activités d'alpiniste, de guide et de montagnard responsable.

* NMA : Népal Mountaineering Association (membre de l'UIAA, cette association, placée sous la tutelle du Ministère du Tourisme népalais, fut créée en 1976 pour promouvoir les activités du tourisme de montagne).